Un projet tourné vers le soin au Centre Educatif Fermé
Ce matin, Mario, Benoit et karim, montent à cheval. A la fois enthousiastes et réservés, provocateurs et timides dans la relation à l’autre, ils se laissent nonchalamment conduire par Yvon, éducateur, en charge de l’activité « équithérapie ». La confrontation avec le cheval oblige chacun à se retrouver à sa place, à faire face à ses peurs, à intégrer ses limites et à être dans l’obligation de l’écoute, de l’attention et de l’apprentissage. C’est aussi une façon de redécouvrir le plaisir lié à une activité valorisante. « Un plaisir non pulsionnel, car il faut avant tout apprendre quelques notions d’équitation.

A défaut, le cheval a vite fait de vous renvoyer sur terre ! » indique Yvon. Cette discipline fait partie des activités très structurées, sur des temps courts et dynamisant, proposées par l’équipe. Alternant apprentissages scolaires, sportifs, vie quotidienne, groupe de parole, prise en charge psychologique, art thérapie, …. l’équipe s’est résolument orientée vers une prise en charge basée sur le soin au sens large, plutôt que de reproduire l’organisation d’un système carcéral. Elle promeut une écoute neutre et bienveillante, un rappel à la loi et à la règle très stricts, un travail sur la responsabilité et l’autonomie du jeune. « Lui donner les outils pour qu’il pense par lui-même constitue un atout pour une réinsertion réussie », précise Pascale Traineau, directrice de la cité la Gautrèche.
Une mutualisation des compétences pour le CHRS
Le partenariat avec le CHRS « Le Pelletier » sis à Cholet, comme celui de la Gautrêche est en marche, à terme 58 places seront proposées à un public diversifié : femmes avec enfants, personnes isolées. Les équipes se sont beaucoup rencontrées afin de définir ensemble les modalités de fonctionnement des deux CHRS. Regroupés dans un même lieu, les travailleurs sociaux vont renforcer leurs accompagnements en s’appuyant sur une articulation en pôle ressources : pôle hébergement/logement, pôle parentalité/santé, pôle insertion professionnelle/accès au droit et citoyenneté.
Parallèlement le CHRS de la Gautrêche a déjà évolué en supprimant son appartement collectif et en proposant un accueil convivial où chacun peut venir partager un moment informel, jouer, discuter, bref, nouer des liens, et s’engager dans des actions citoyennes en sus des rendez-vous plus classiques. A suivre.
Un centre de formation à l’écoute des besoins
Un centre de formation reconnu par les partenaires et un projet pédagogique fondé sur l’axiome « faire du bénéficiaire, l’artisan de son projet », telles sont les caractéristiques de cette structure précise Olivier Miara, directeur Adjoint. S’ajoutent des professionnels pointus et passionnés : « nous avons de l’ambition pour les personnes que nous accompagnons », s’enthousiasme Sylvie, formatrice, et des espaces adaptés. Ces atouts permettent à la cité de proposer plusieurs formations alliant contenu théorique (bases scolaires, savoir-être, etc.) et ateliers techniques : atelier cuisine et atelier agricole (maraîchage et élevage).
Avec un taux d’entrée en formation ou d’emploi proche des 80%, la cité peut se targuer « d’avoir le meilleur taux de placement du territoire ». En septembre, une formation de « qualification en horticulture » devrait être mise en place.
Aurélie Geay