Dans les faits, la pénurie de logements sociaux ne garantit pas que tous pourront se loger dans les régions très urbanisées.
Avec la mise en place de la loi du droit au logement opposable (Dalo), l’antenne logement de la cité Saint Martin est plus que jamais utile pour les personnes accueillies au sein de l’association.
Edith et Claire, techniciennes logement, ont fait sensiblement évoluer leurs manières de travailler. L’approche est pragmatique. Les implications concrètes de la nouvelle loi sur la vie des personnes hébergées leur sont expliquées. Il s’est avéré indispensable de former les référents sociaux à la construction du nouveau dossier. « Il faut particulièrement insister sur le caractère urgent de la demande. Sachant qu’il est indispensable d’apporter un maximum de justificatifs », explique Edith.
Adéquation entre logement et situation personnelle
Tous les candidats au logement sont reçus plusieurs fois pour constituer le meilleur dossier possible. « Nous recevons les personnes lors d’un entretien individuel et, dans un second temps, en atelier collectif », explique Edith.
Ces rendez-vous sont l’occasion de valider la faisabilité de leur projet logement et de rappeler les droits et devoirs des locataires. Claire et Edith vérifient l’adéquation entre le logement proposé et la configuration familiale ainsi que le temps de transport nécessaire à
chacun pour se rendre au travail. Ce dernier paramètre est important. Les personnes accueillies travaillent le plus souvent à temps partiel ou selon des emplois du temps écartelés entre des horaires très matinaux et d’autres très tardifs.
Circuit logement : éviter la sortie de route
Pour les personnes accueillies, la validation de leur dossier par la commission Dalo est un précieux sésame. Elle leur permet de rester
dans le circuit. « Ceci est important car nos partenaires habituels ne vont plus être en mesure de nous procurer des logements ; la
plupart étant réquisitionnés dans le cadre de l’application de la loi Dalo », relève Edith. Dans ces conditions, il est devenu périlleux de refuser un logement sous prétexte qu’il est situé en banlieue. Un tel refus peut
précipiter le demandeur vers la sortie des dispositifs mis en place dans le cadre de la loi. Au lendemain de son refus de franchir le périphérique parisien, la personne accueillie peut se retrouver exclue du droit commun.
C’est là que le travail de l’antenne logement de la cité prend tout son sens. Pour limiter les refus, Edith et Claire ont commencé par
dédramatiser l’habitat en banlieue avec le soutien des travailleurs sociaux. Cette année, un week-end de « découverte de la banlieue »
a été organisé pour quelques familles.
