Atra, animatrice relais de l’association, a recueilli ses impressions dès son retour. INTERVIEW.
Vous avez participé à un atelier « portraits sonores ». En quoi consistait-il ?
Martine Knoth. Nous étions invités à réaliser le portrait des personnes de notre groupe à l’aide d’un appareil photo. Si on le souhaitait, on pouvait enregistrer nos voix pour ensuite présenter cette expérience à l’ensemble de l’atelier. Nous avons beaucoup partagé sur la photo : le fait de photographier des personnes qui nous sont proches, des lieux magnifiques pour en garder un souvenir durable ; la difficulté de prendre en photo des personnes inconnues comme le font les grands photographes comme Cartier Bresson ou Doisneau, etc.
Le photographe qui animait l’atelier vous a suggéré de prendre des photos et d’enregistrer les voix des personnes photographiées, pour ne pas faire des photos muettes. Curieux, non ?
M.K. L’idée était intéressante. Mais, une photo bien prise nous engage, nous invite à faire un commentaire et à nous interroger sur un évènement. Elle peut aussi nous bouleverser. Le fait de nous interroger, de nous regarder, nous à ensuite conduit à nous prendre en photo, chacun à notre manière, avec l’appareil que nous a prêté l’animateur. Cette expérience nous a permis de nous rencontrer, de nous connaître, d’échanger des idées, et de réaliser en quelque sorte de manière consensuelle un auto-portait en dynamique du groupe que nous formions. Une expérience réussie !
L’atelier « Culture et citoyenneté » présentait les projets d’associations telles que la Croix rouge, le Secours Catholique et l’Armée du Salut. Quels enseignements en tirez-vous ?
M.K. Même si l’objectif premier des associations est de donner aux personnes exclues de quoi manger et un lit, elles souhaitent également leur offrir un accès à la culture… Or, dans un premier temps, les personnes refusent ces propositions car elles se sentent exclues et ne veulent plus vivre dans la société. Le pari est de convaincre chacun que tout se fait dans une relation d’échange et d’écoute. Les espaces d’expression culturelle sont un moyen de communiquer et de participer à la vie dans la cité. Pour moi, la culture est un vecteur de la citoyenneté et de l’insertion.
Comment résumeriez-vous ces journées de Caen ?
M.K. J’ai passé des moments fort agréables. Je retiens la beauté de la ville. Nous étions reçus au Palais des Congrès, situé près d’un champ de course. J’ai pu voir les chevaux à l’entraînement, attelés à des sulkys, conduits par des drivers, dans une course au trot. Il y avait aussi un château, une belle église, et des hôtels. Nous étions logés à l’hôtel Bristol. C’était très confortable.
Le premier jour, nous étions invités à une soirée festive. Au dîner, nous avons assisté à un théâtre animé par des jeunes gens qui nous lisaient des poèmes en slam, et qui chantaient et dansaient. Le deuxième jour, nous avons déjeuné à midi, toujours dans le cadre superbe du Palais des Congrès qui recevait plus de 600 invités. Le message qui me vient à l’esprit pendant ces Rencontres citoyennes, se résumerait en deux mots : « Amitié et Générosité ».
Propos recueillis par Atra Chikhi, animatrice relais de la cité Saint-Jean