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A Caen, la joie de construire ensemble

Dire et Réagir ensemble : Tous acteurs et tous citoyens sur nos lieux de vie !

C’est le thème qui nous a réunit à Caen, les 12 et 13 novembre derniers. Ces journées avaient pour but de nous éveiller, personnes accueillies, salariés, bénévoles, sur la nécessité d’avancer ensemble pour faire reculer la pauvreté. Térence, Joseph, Gérard et Capucine ont choisi de vous raconter ce séjour à travers quelques photos-souvenir et les impressions des participants.

Participation citoyenne ?

Le car est là, il nous attend. De l’association des cités du Secours Catholique, nous sommes nombreux au rendez-vous, résidants et travailleurs sociaux, presque une quarantaine de personnes ! Le « Trèfle Club », un groupe de la délégation de Paris du Secours catholique, est également du voyage.

Quel plaisir de traverser Paris et de s’en aller ! Sur la route, on commence un peu à aborder le contenu de ces journées citoyennes. On parle des ateliers qui nous attendent, ceux qui nous tentent, ceux qui nous questionnent : mais « qu’est ce que la participation citoyenne au juste ? »


Arrivés à Caen, on découvre les lieux, l’ambiance, il y a plein de monde, venu de toutes les provinces de France, beaucoup d’associations, c’était vraiment plaisant de voir tous ces gens et de se mettre à respirer un air si pur… et, enfin, on allait commencer à en savoir un peu plus. Voici les idées, témoignages, expériences qui nous ont marqués :

Donner la parole aux personnes concernées


L’intervention de Jacques Ladsous, ancien éducateur, vice-président des CEMEA (centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active), nous a beaucoup impressionnés. Il a rappelé que les droits des usagers ont été mis en œuvre bien avant la loi 2002-2, qui impose les conseils de vie sociale (CVS) dans tout établissement assurant l’accueil ou l’hébergement de personnes : « A la Libération, on a vu apparaître des communautés d’enfants, qui étaient invités à s’impliquer dans la vie du groupe. Plus tard, ATD Quart Monde a soulevé une question-clé : peut-on penser à la place des pauvres ? Et a inventé le concept d’alliance, entre gens en situation de pauvreté et tous ceux, citoyens ou professionnels, qui veulent les soutenir. »

Les personnes qui vivent la pauvreté doivent participer aux décisions qui les concernent. C’est mieux de les écouter plutôt que mener des enquêtes. C’est vrai, les personnes qui vivent la pauvreté savent forcément des choses que les professionnels ignorent. Mais la connaissance de ces derniers n’est pas remise en cause, au contraire. Il faut croiser nos savoirs dans le but de faire évoluer la société.

D’ailleurs, dans l’atelier animé par ATD, on s’est prêté au jeu, en partant de mots. D’un côté, un groupe de personnes en difficulté, de l’autre, des intervenants sociaux. Résultat saisissant : des représentations très différentes ! Mr Ladsous conclut : « Nous, associations et usagers, représentons tous ensemble une force. A nous de nous entendre pour créer un rapport de forces. Mais si nous voulons être au service des usagers, il y a des risques à prendre ».

Ensemble

Beaucoup d’ateliers étaient proposés, dans le but de vivre une expérience de co-construction. Par exemple, l’atelier « sculpture avec des matériaux récupérés » auquel Sylvie a participé : « On a créé collectivement un objet en fonction des capacités de chacun : certains se sentaient à l’aise avec la perceuse, d’autres ont préféré le tournevis ou le marteau, et nous étions liés par nos interventions, devant respecter une harmonie d’ensemble…, la finalité fut une belle réussite collective. Pendant l’atelier, j’ai facilement enlevé ma casquette d’éducatrice, on était tous au même niveau. »

Changer de posture

Sur la photo, le clown invite les intervenants à « changer de posture », en s’asseyant par terre !

Ce n’est pas si facile de se retrouver au même niveau quand on est habitué à une relation d’accompagnement. Pour que le dialogue et le travail ensemble soient possibles, de chaque côté, chacun doit évoluer. Les personnes qui connaissent des difficultés doivent s’engager pour une cause plus vaste que la leur, les intervenants sociaux doivent enlever leur casquette et se dire qu’ils ont des choses à apprendre de l’autre.

Que de projets, de perspectives…

Au final, beaucoup d’expériences sont déjà menées, en France et en Europe ! Un peu partout des CVS ; en Champagne-Ardenne, une association de personnes en situation de pauvreté et de travailleurs sociaux qui participent aux formations de l’IRTS, école des futurs travailleurs sociaux ; à Paris, un groupe de professionnels et d’usagers qui évaluent les politiques publiques ; en Bretagne, la fanfare d’une cité de Kermarron, où les habitants rêvaient de faire de la musique alors qu’ils n’avaient jamais touché à un instrument…

On a vu des personnes qui, en dépit de leurs difficultés, prennent des responsabilités, s’engagent. C’était fort de voir ça.

On a aussi beaucoup ri pendant ces deux jours. Un clown a réussi à mettre de l’humour là où il y a eu des sujets sérieux et des moments graves. Le théâtre-forum aussi nous a permis de nous remettre en cause en passant par l’auto-dérision. Rien de tel pour nous aider à avancer !

A notre retour à Paris, la Tour Eiffel nous accueille d’un sourire scintillant qui a l’air de nous dire « continuez à rêver… » ! Oui, mais ensemble !


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